Cette création, initiée au Centre des Arts d’Enghien en 2007, a été présentée pour la première fois dans sa version complète au centre culturel NORDICE HÛS de Reykjavik dans le cadre du Festival français POURQUOI PAS de l’Ambassade de France en Islande.

PEAU QUI ES TU?

Quand on est attiré par un autre être, des mécanismes qui nous échappent, nous manipulent à notre insu et le désir est si tendu qu’il s’accompagne d’une terrible envie de se glisser dans la chair de l’autre. Les jeux de rôles prennent toutes leur ampleur, les sentiments échappent à ces jeux qui parfois prennent le dessus. Pourquoi est ce ainsi ? Pourquoi nos viscères tressaillent-elles au point de vouloir nous attirer dans leur abime, par amour ou par haine. Alors… Mourir pour aimer?

Je souhaite mettre en s cène la peau comme obstacle durant un parcours à la recherche de l’amour. On sait que cela se passe souvent ainsi, au départ la passion, puis le jeu, puis l’ennui, puis la peur, puis la “mort” et enfin l’amour. Eh oui, être vivant c’est aussi masquer la mort par peur d’affronter l’amour. Un amour qui ne prendrait sa signification absolue qu’après la notion de mort.

L’action est chorégraphiée et mise en scène. Elle est porté par un duo (un couple), deux amants (homme et femme) en lutte avec leurs sentiments amoureux au bords de la séparation. Pas de structure narrative temporelle précise mais plutôt une approche par les sensations. Un autre duo , constitué d’un vestale cinglée et d’un avatar masculin, probablement issue de son imagination, intrigue sur la problématique du couple. Ce deuxième couple guide le premier lors du passage du dehors corporel à son dedans.. Il l’accompagne dans son objectif d’amour, dans un apesanteur viscéral à l’instar de « Au delà de l’infini » de W. Herzog. Le deuxième couple met quelque part en scène ce que doit percevoir le spectateur.

J’ai recherché une expression qui donnerait à expérimenter le parcours du désir. La peau étant un lieu pivot. Comme une limite impossible, et pourtant sas de sécurité.

La peau est une surface, elle émet des signes adressé à l’autre. Paraître est parfois vain car la vérité jaillit toujours. L’élément peau est extrapolé à travers des éléments virtuel en interaction avec le vivant.
Cette création puise ses références dans la réflexion du professeur Mr Maurice Mimoun (chirurgien plasticien) ou est abordé la relation difficile qu’on a avec notre enveloppe charnelle. Une peau qui protège si bien l’humain de la mort et qui émet tellement de signaux.
Citation: « tout s’emmêle. Je ne sais plus où est la limite. J’y pense constamment. Ou est-elle ? La devancer, l’accepter, la renier, la comprendre » Mr Maurice Mimoun.
Cette peau est indispensable, c’est un support de séduction, identitaire, social, sexuel et temporel. C’est le creuset du paraître, le lieu de la dualité entre le regard de l’autre et le regard sur soi.
Cette peau est aussi t’enveloppe entre l’intérieur du corps et l’extérieur, entre le soi et l’autre. Elle reflète, laisse transparaître parfois. Elle est toujours présente, comme un point pivot entre le dedans et le dehors. Elle est une frontière, une limite si évidente si quotidienne et si indispensable. Elle est entourée de mystère, elle reflète notre âme, nos humeurs, elle nous communique les messages de l’intérieur.
Elle est l’écran de notre âme et un intermédiaire vers l’autre. Et pourtant que savons-nous d’elle. Derrière tout cela il y a « le désir d’amour »… et le perpétuel questionnement de savoir ce que c’est.
Ce désir se manifeste au dehors de l’enveloppe charnelle par des actes, des apparences, des mots, des regards, des odeurs etc…. et au-dedans par des sensations et des mécanismes difficiles à expliquer….
Il y a deux espaces que je souhaite explorer l’extérieur et l’intérieur à l’enveloppe charnelle: Celui de l’extérieur du corps que l’on croit connaître et celui de l’intérieur qui nous échappe et pourtant si proche de nous. L’apesanteur est une idée que je me fais du « sentiment ». C’est aussi l’évocation de l’infiniment petit, atomes et molécules, c’est aussi tout ce qui est de l’ordre de l’inconnu. Que connaissons nous de l’amour.

marc joseph Sigaud

J’ai proposé la création SKINS à Max Dagger en 2007, alors directeur de la Maison culturelle (Nordice Hüs) que j’avais rencontré il y a quelques années avant à Paris. Nous avions partagé la conception d’un projet de cirque européen basé sur la rencontre entre le virtuel et le vivant . Il s’est toujours intéressé à mon travail et n’ a pas hésité à me mettre en contact avec l’ambassade de France à Reykjavík pour qu’ils m’intègrent dans leur festival français POURQUOI PAS réalisé par l’Ambassade de France en Islande. J’ai fait la première de cette création en Islande avec toute mon équipe d’artistes d’origines européennes. Un gros challenge pour monter un spectacle dotée d’une régie numérique virtuelle spécialement développé pour le temps réel, avec des acteurs virtuels en interaction en directe avec les interprètes réels sur la scène.

Ce spectacle s’inscrit dans la lignée des composites favoris de marc joseph (Vidéo projeter les images des univers virtuels sur un tulle en avant plan des interprètes permet de confondre les deux espaces réels et virtuels) .