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BioGraphie Marc Joseph Sigaud

Créateur d’univers vivant “virtuels et réels”

Je suis né au Puy-en-Velay, le 24 juillet 1958, 4ème enfant d’une famille de paysans du village de Costaros.

Enfant, je participais déjà à tous les spectacles de la commune. Puis j’entre en pension chez les frères au Puy-en-Velay. Ce fut un sacré calvaire de me séparer de la campagne mais c’était un moyen de connaître d’autres choses de la vie. Ma désertion des terrains de football me désigna un temps comme le futur curé de la famille… Mais c’était sans compter sur mon caractère rebelle, quelle chance pour les instances religieuses de ne pas l’avoir été ! Je décide de m’en extraire et à 18ans, je pars faire des études à Montluçon. Les études supérieures d’électronique ne me satisferont pas du tout, mais avec du recul c’est là que j’ai pris conscience de la puissance de la mathématique dans la création numérique visuelle. Avoir ce diplôme était le prix à payer pour rejoindre Paris.

Mon arrivée à Paris en 1980 fut une délivrance. Je me suis littéralement jeté dans la consommation artistique. Ma soif des arts du spectacle m’amena à suivre très rapidement de nombreux cours de théâtre, de danse et de chant. A Paris, la création en danse contemporaine était prolifique et très innovante, dans une liberté totale de propositions, avec une profusion de créateurs de toutes origines : Carolyn Carlson, Uorma Uotinen, Bouvier Obadia, etc. Pina Baush était l’élue du théâtre de la ville. Au delà de ces inoubliables chorégraphes tous les danseurs en herbe et professionnels se retrouvaient au Studio 102 sur le Bvd. de la Villette à deux pas du parti communiste pour y suivre les cours de danse de ces grandes Cies. Je m’accrochais aux cours de Hans Zulig, le maître de ballet de la Cie Pina Baush. La danse de Pina fut une révélation et restera à jamais un référent de mon parcours artistique. Son art est complet, je m’y reconnais. Elle m’influence toujours. J’aimais ces rendez-vous danse du théâtre de la ville. J’y allais comme à un rituel. J’ai beaucoup aimé le travail d’Alvin Nikolaïs, de Carolyn Carlson, de Bouvier Obadia, etc… Pour ne pas culpabiliser je suivais des cours de danse classique avec Wayne Byars, le mythique professeur du studio du Marais à Paris. Puis j’ai croisé la compagnie Roberte Léger qui m’a accueilli comme interprète danseur comédien jusqu’en 1993, date à laquelle j’ai créé ma propre compagnie Parques Majeures.

Trois ans après mon arrivée à Paris, je rentre à la SFP ( Société Française de Production Audiovisuelle). Mon initiation à l’image allait enfin se réaliser. C’est dans les méandres de ce mini hollywood français, auprès du maître Jean-Christophe Averty que j’ai appris les essentiels de l’art de la composition et des trucages audiovisuels. La SFP misait sur de nouvelles compétences en art visuel numérique sous la pulsion de J.C. Averty qui, visionnaire, rêvait déjà de créer de grands shows virtuels. Je fus donc sélectionné pour être formé à la 3D à Paris VIII en Arts et Technologies de L’image. La maîtrise en poche, à peine de retour aux studios SFP, je rencontrais mon 1er challenge : réaliser une mer de synthèse pour le film Tancrède Le Croisé. C’était une première mondiale. Peu de réalisations importantes s’en suivirent car dès 1987 la privatisation de la SFP était annoncée.

Ma première création solo

Je me confrontais à mon premier solo de danse-théâtre PROGRAMME 5 présenté au Café de la danse à Paris. Un spectacle informe, bizarre, où je campais le rôle mi-dansé mi-théâtral d’un gardien de lavomatic, interpellé par des vêtements dans le tambour d’une machine qui lui dévoilent des tranches de vie de leur propriétaire. Je testais alors un «possible» poétique, ainsi que mes premiers effets spéciaux scéniques, certes mécaniques, mais bien décalés. Et oui, mon admiration pour Méliès, Les Monty Python et Buster Keaton m’influençaient déjà de leur humour pathétique, pince sans rire…

En 1989 je quitte la SFP et deviens free-lance infographiste.
Mes compétences furent repérées par des médias audiovisuels (Le film français, Banc titre, Vidéobroadcast, Sonovision etc ) et je suis devenu consultant. Durant une 12aine d’années j’ai couvert les grands rendez-vous 3D internationaux dont Imagina à Monaco et le Siggraph aux USA… J’ai interviewé à la demande des organes de presse qui m’employaient, des réalisateurs et artistes bien connus comme Jean-Jacques Annaud en 1996 pour la sortie de son film Imax en relief Guillaumet, Les Ailes du Courage.

J’y ai fait de belles rencontres artistiques qui interpellent mon univers créatif comme Bill Viola, Zbigniew Rybczyński desquels je continue à me sentir très proche.

En 1996 les technologies virtuelles via les simulateurs et diverses plate-formes d’expériences prenaient possession des parcs à thèmes et je devais couvrir ces événements. Quelle formidable chance pour préparer mon futur artistique.

Et mon projet artistique pendant ce temps là? Passé aux oubliettes ?

Eh bien non, il mûrissait… comme le corps d’un enfant qui devient adulte. Je devais être sur le front du numérique en priorité, apprendre et bien sûr je trouvais le temps pour faire quelques créations. Je n’en oubliais pas moins de préparer ma future identité artistique. J’y ai cru dès le début, je l’ai toujours su, oui j’allais réunir un jour sur une scène les arts vivants et les univers virtuels. Je partais pourtant avec un certain handicap, celui d’être entré tardivement dans le monde du spectacle et à contre-sens des codes en usages. Mais ma conviction était un redoutable moteur.

Je rentre en janvier 1991 à l’école de réalisation 3IS où je réalise deux films “Ce qui m’intéresse” en 16 mm sur le regard d’un photographe de danse, sélectionné et salué au festival ethnographique de Jean Rouch à la cinémathèque française. Puis “Duel” un court métrage plus intime mais que j’aime particulièrement.

ART3000 m’invita en 1992 à présenter mon premier spectacle interactif danse-théâtre “Complices” aux rencontres d’art multimédia de Jouy-en-Josas. Les danseurs étaient mis en immersion dans les images virtuelles projetées sur un tulle transparent tendu sur le cadre avant-scène et en interaction avec les univers virtuels. En 1992 je suis engagé pour danser dans la cérémonie des JO d’Albertville. Un grand moment où je me suis senti dans mon élément. J’ai eu le sentiment que peut-être un jour, je pourrais créer de grands spectacles fantastiques.

En 1992 je réalise aussi mon premier film d’art vidéo danse “Être Humain” film produit par Geneviève Charras en Haute définition Européenne puis transféré en 35mm. De très importants trucages virtuels furent mis en œuvre. Le film obtint au Festival Faust le prix d’argent de la création numérique. Je partage un regret avec le compositeur Jean-Claude Naude quant à la réalisation sonore. Mais c’était le début des synthétiseurs et les sons étaient de basse qualité. Mais faute de budget d’orchestre il n’y avait pas d’autres choix.

En 1994 l’Imax, le nouveau format cinématographique prenait son envol. La production Groupe47 du film “Réunion Magique” de Jean-Pierre Chardon me confiait la conception des effets numériques avec le soutien de la société Ex-Machina, mais des insuffisances de budget ont empêché leurs réalisations. J’ai alors assisté artistiquement le réalisateur durant ce tournage à la Réunion.

En 1996 je suis très aidé par les fabricants de logiciels 3D dont Softimage qui se proposent de me soutenir pour la création d’un grand spectacle. Je relève le défi et me lance. J’ai présenté en 1997 Un Diner Seulement inspiré de Complices pour 7 interprètes au théâtre Rutebeuf de Clichy. Une création spectacle très aboutie avec une création virtuelle sur tulle très importante.

Puis vient une période très intense 1998 1999 où je me retrouve en Equateur en résidence artistique appelée CHACANAN soutenu par l’Alliance Française de Quito et l’Ambassade de France en Equateur. Je forme à Paris des shamans à l’image virtuelle au studio Medialab de Boulogne. Le virtuel les intéresse car ils y voient une manière de sensibiliser les nouvelles générations à la cosmogonie andine. Le chorégraphe de la Cie Humanizarte( Ballets andins) enregistre en motion capture des danses sacrées que nous utiliserons pour ses créations. Une grande conférence se tient au Métafort d’Aubervilliers. Nous présenterons au grand théâtre Bolivar à Quito en 1999 deux créations franco-équatoriennes El Condor Yaravi du Ballet Humanizarte et Descuerpados de ma Cie Parques Majeures.

Je créé en 1997 les premiers décors virtuels de l’histoire de l’Opéra pour Alcina de Haendel à Nancy. La tâche est périlleuse, quelle doit être l’importance du virtuel au regard du chant. Je l’ai traitée comme du hors champ. Et ça a réussi. J’ai passé de merveilleux moments avec Jeanne Moreau durant cette création au studio Médialab de Boulogne. Elle réalisait un clip pour Florent Pagny et prenait beaucoup de plaisir à venir partager un verre de vin rouge tard dans la nuit mais aussi commenter la symbolique de mes images.

2000 toute ! Le temps réel débarque sur la planète. Préparez-vous au changement

Je me forme sur le premier logiciel 3d en temps réel MotionBuilder. Je crée en 2000 l’installation 1&2 présentée à l’ADAC de Paris 13 soutenue par le CNC Dicream. Se rapprocher d’une enveloppe corporelle, la humer, s’y coller et glisser sa main dans son aine et voilà, choisissez votre genre, ou les deux.

En 2000 je suis invité à donner des ateliers de création sur la mise en scène «temps réel» à l’université multimédia de Malmö à la demande de Karl Henrick Svensted ex-directeur du Centre Culturel Suédois de Paris. J’y donnerai des conférences pour sensibiliser le personnel de la Télévision suédoise lors d’un séminaire dédié aux nouvelles pratiques de communication. En parallèle j’ai eu la chance de découvrir l’exposition «Flying over Water» de Peter Greenaway à Malmö très impressionnante.

Mon passage en Equateur a laissé des séquelles, je crée quelques performances, étranges peu dé-codables où je reconnais m’être adressé davantage à moi-même qu’au public. Mais elles sont plutôt originales : Inclinaisons et Poulailler.

Je reviens à la création vidéo pour Davidoff avec “I wanna Be” et je me retrouve dans une grand-messe autrichienne de communication à la Backfabrik de Berlin à diffuser une vidéo art sur un homme qui vole sur la ville, qui chute, la sonde, la palpe, cherche à s’en envelopper pour se perdre dans le labyrinthe de sa propre présence. Belle création. Belle aventure aussi.

2004 Le Projet Active à Sète. Nathalie Campos du service culture du CG34 me propose une résidence d’artiste au collège de Sète avec une classe de 4ème en difficulté. Avec le corps enseignant qui a joué le jeu, on révèle avec cette formation pas du tout assurée de réussir, des talents parmi ces adolescents. Ils mettront en scène Europa dans leurs propres univers virtuels. Je ferai une création performance image et danse que j’intitule aujourd’hui GLYPHES ( ex: les souris dansent) qui sera présentée au Jam à Montpellier. Très belle création.

Ô Airbus A380, janvier 2005, je t’ai vu naître en présence de quatre chefs d’états européens sur la grande scène toulousaine de EADS durant cette cérémonie internationale de lancement. C’est pour toi que j’ai créé ce sage, ton présentateur virtuel joué en direct et diffusé en simultané sur toutes les chaînes TV qui t’ont annoncé au monde ! Quel honneur !

2005 je crée AERIAL une performance entre une danseuse réelle en interaction avec une danse virtuelle. Aerial est une chanson de KATE BUSH, qui m’inspire énormément. Vouloir parler le langage des oiseaux évidemment que ça devait me parler. Je n’ai pas hésité à leur montrer à la holding Harry Potters comment je jouais moi avec leurs algorithmes, et en direct, contrairement à eux.

Les redoutables machines d’effets spéciaux numériques arrivent dans les studios et je ne rate pas l’occasion de me former au Flame Inferno à l’Ina.

En 2006 j’aborde le sociologue Bernard Eme, pour lui parler d’un futur projet sur l’oralité, les alphabets et les signes écrits. Je n’ai jamais connu une telle osmose, sa thèse traitait du même sujet. Ma scène s’annonçait à 360° dans un décor virtuel à 360°. Trop long à expliquer ici. Tout cela a conduit en 2007 à une nouvelle proposition scénique Question d’âme, qui après une première présentation d’essai au Cnac d’Enghien trouvera en 2008 son succès au Festival Français POURQUOI PAS de Reikjavik. Le spectacle La peau est très innovant, le virtuel est fortement sollicité pour interagir comme n’importe quel interprète réel, la musique soutenue par une performance chantée en direct, l’ensemble est très abouti.

L’année qui suit en 2009 je serai invité par la ville d’Husavik avec Skins and the whales, une création qui abordera le thème de la protection de l’environnement. Le conseil de la ville me demandera une étude scénographique pour leur futur musée islandais. C’était sans compter sur la révélation d’un lobbying peu honorable en faveur de la ville à l’instar de l’entreprise américaine ALCOA productrice d’aluminium à grande échelle et fortement critiquable pour ses émission de CO2.

Je remonte personnellement sur une scène mais celle de la rue, au festival de performance de rue Infraction de Sète. Ça m’a permis de lâcher un peu prise sur la création dirigée.

2012 2016 : j’ai rendez-vous avec l’histoire. Et peut-être avec la plus sensible des personnalités de notre histoire. Jehanne d’Arc à Vaucouleurs. 6 ans de sa vie passés à tenter de convaincre le sire de Baudricourt, chef de l’enclave royale française en milieu bourguignon allié des anglais. Je me suis découvert une passion pour la recherche documentaire. Je devais créer deux supports. Un audiovisuel permanent pour la crypte de la chapelle castrale et un spectacle dit son et lumières sur les sites historiques de la ville de Vaucouleurs. J’ai convaincu les commanditaires qu’on pouvait aller jusqu’à faire apparaître Jeanne virtuellement et même dialoguer avec le public. Les représentations ont eu lieu pendant 6 ans sous la lune en période estivale. Le spectacle de la crypte est encore en activité en 2020.

2016 Je crée le spectacle visuel et musical interactif «Notes en transes» en Haute-Loire. Un concert avec le pianiste Fabrice Eulry et moi aux commandes de la création visuelle en temps réel. Une belle rencontre avec un grand pianiste reconnu pour ses boggies virtuoses.

Et en 2017 c’est “Adama, Terre des hommes”, un spectacle basé sur un agriculteur à bout de souffle qui doit retourner au jardin d’Eden pour comprendre pourquoi c’est arrivé. Ce spectacle se voulait aussi faire office de sensibilisation au grand projet de développement de territoire de 3ans que je voulais initier en partenariat avec les forces vives locales. A l’issu de celui-ci j’avais pour dessein de monter en milieu naturel l’opéra l’Arche de Noé dans une version contemporaine réelle et virtuelle, adaptée à la protection de l’environnement ; avec le chef Juan Esteban del Poxo de la Fundacion Mozart à Madrid avec qui j’ai, il y a plus de 15 ans étudié ce travail de mise en scène. Pour des raisons professionnelles, un malentendu local non négociable m’a fait quitter à contre cœur ce magnifique projet.

Je participerai en 2018 aux plusieurs formations dispensées par le Relais culture Europe de Paris qui valide la capacité à monter des projets européens.

2019 est une année sabbatique.

Alors je prends mon sac à vécu, je le secoue, je le vide. Que de choses, je l’ignore un instant et je me résous à le scanner et là je me dis qu’il y a fort à faire, en mille fois mieux, avec déjà plein de nouveaux concepts en tête.

2020…. les premiers mots du Tome III

Marc Joseph SIGAUD

ëtre Humain marc joseph Sigaud Art et interaction

Etre-Humain de Marc Joseph SIGAUD. – Art vidéo danse – Prix du Faust d’Argent: film 35 mm